Une étude, publiée dans la revue JAMA Psychiatry et dirigée par David Vachon, du Département de Psychologie de l’Université McGill de Montréal (Québec), a voulu tester la pertinence des idées communément admises sur la maltraitance des enfants et ses conséquences.
Il est en effet courant d’admettre que les certaines formes de violence faites aux enfants (comme les violences physiques ou sexuelles) sont plus nuisibles que d’autres (violences psychologiques ou négligence). On admet aussi souvent que chaque forme de maltraitance a des conséquences spécifiques, et que les effets de la maltraitance diffèrent selon le sexe de l’enfant.

Les chercheurs ont voulu tester l’hypothèse selon laquelle tous les types de maltraitance ont des effets équivalents, larges et universels. Et ils ont confirmé leur hypothèse : toutes les maltraitances, et en particulier psychologiques, ont des effets équivalents.
Ils ont également constaté que l’idée selon laquelle chaque forme de maltraitance avait des conséquences spécifiques était fausse.

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Pour mener leur étude, les chercheurs ont suivi, entre 2013 et 2015, 2292 enfants des deux sexes, âgés de 5 à 13 ans, qui participaient régulièrement à un camp d’été pour enfants de familles à faibles revenus. Parmi ces enfants, plus de la moitié avaient des antécédents bien documentés de maltraitance.

Aux résultats, ils ont constaté que la maltraitance psychologique et émotionnelle des enfants, garçons ou filles, pouvait être aussi nocive que la violence physique.
Ce type de maltraitance inclut des comportements comme l’intimidation, l’humiliation et le rejet.
Et cette maltraitance est très répandue : environ un tiers (!) des enfants dans le monde souffrent de violence psychologique, ce qui la rend beaucoup plus fréquente que la violence physique.

David Vachon, qui a dirigé l’étude, explique : « ... bien que les gens supposent que la violence physique est plus nuisible que d’autres types de maltraitance, nous avons constaté que les autres types de maltraitance ont des conséquences similaires. Ces conséquences sont très variées et vont de l’anxiété et la dépression jusqu’au refus des règles et à l’agressivité. »

Les auteurs concluent : « Les stratégies de prévention et d’intervention sur la maltraitance devraient mettre l’accent sur la violence psychologique, qui se produit plus fréquemment mais qui est moins punissable que les autres formes de maltraitance infantile. »

Et la violence psychologique ne s’exerce pas uniquement dans le lieu clos de la famille : on peut la trouver dans la famille élargie de l’enfant, à l’école, et dans d’autres lieux qui accueillent les enfants (associations, centres aérés, clubs sportifs, etc.).

Bruno Hourst

Références
Assessment of the Harmful Psychiatric and Behavioral Effects of Different Forms of Child Maltreatment
This Sort of Child Abuse Just As Harmful As The Physical Kind

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