Dans un autre billet, je présentais une étude montrant les bienfaits des activités dans la nature pour notre santé mentale. Et qu’en est-il dans les environnements urbains ?

Une étude sur 500 couples anglais a examiné les effets à long terme des espaces verts en milieu urbain sur notre santé mentale.
Les personnes participant à l’étude ont été suivies pendant cinq ans, période au cours de laquelle certaines personnes ont déménagé dans des zones urbaines plus vertes et d’autres dans des zones urbaines moins vertes.
Les résultats ont montré que, en moyenne, les personnes qui ont déménagé dans des zones urbaines plus vertes ont senti une amélioration immédiate de leur santé mentale. Les chercheurs ont pris en compte des facteurs qui auraient pu fausser les résultats, comme l’emploi, le niveau d’éducation, le revenu ou l’obligation de déménager dans un quartier plus difficile due à des problèmes de travail. Mais quand tous ces facteurs ont été pris en compte, les effets étaient toujours présents.

Pour ceux qui ont déménagé dans des zones moins vertes, le résultat a été surprenant : les gens ont souffert d’une baisse de leur état mental avant même d’avoir déménagé.

L’auteur principal de l’étude, Ian Alcock de l’université d’Exeter (Grande-Bretagne), a déclaré :
« Nous avons montré que les personnes qui s’installent dans des régions plus vertes ont des améliorations significatives et durables de leur santé mentale. Ces résultats sont importants pour les urbanistes qui envisagent d’introduire de nouveaux espaces verts dans nos villes et villages, suggérant qu’ils pourraient fournir des avantages à long terme et durables pour la santé des habitants. »

Un point particulièrement intéressant relevé par l’étude est que le bénéfice sur notre santé mentale d’aller habiter dans un environnement urbain plus vert se maintient sur une période relativement longue. On pourrait s’attendre à ce que les gens s’habituent à leur nouvel environnement et que leur santé mentale revienne à ses niveaux antérieurs. En fait elle s’améliore et cette amélioration perdure dans le temps. Le processus est donc différent, par exemple, d’une augmentation de salaire : au départ, les gens sont plus heureux, mais ils s’habituent vite au revenu supplémentaire et leur niveau global de bonheur retombe à son niveau précédent.

Reste à savoir pourquoi la nature joue ce rôle sur notre santé mentale. Nous avons bien l’intuition qu’être coupé de la nature n’est pas bon pour l’être humain, malgré sa prodigieuse capacité d’adaptation, mais pourquoi ? Quant aux enfants qui naissent et vivent dans un environnement sans nature, on imagine également que ce manque de lien avec la nature a des conséquences sur leur développement et leur santé mentale présente et futur.

Bruno Hourst

Références
Longitudinal Effects on Mental Health of Moving to Greener and Less Green Urban Areas
Urban Living : Green Spaces Improve Your Mental Health