Les adultes et les enfants passent beaucoup de temps à interagir avec les médias et la technologie, et moins de temps à participer à des activités dans la nature. Certaines études estiment que les gens passent maintenant 25% moins de temps dans la nature qu’il y a 20 ans ! Ce changement de style de vie a clairement des ramifications pour notre bien-être physique, mais quel impact a-t-il sur nos capacités cognitives, en particulier celles d’ordre supérieur comme la résolution de problème et la créativité ?
Une étude, menée par Ruth Ann Atchley du Département de Psychologie de l’Université du Kansas (USA), a montré que quatre jours d’immersion dans la nature, avec une déconnexion correspondante des outils multimédia et de la technologie, augmente de 50% la performance dans une tâche de créativité et de résolution de problèmes.
Comment expliquer cela ? Les chercheurs constatent : « Notre société moderne est remplie d’événements soudains (téléphones qui sonnent, alarmes, nouvelles immédiates, etc.) qui détournent notre attention et exigent régulièrement que nous nous occupions d’autre chose que de notre activité en cours. En revanche, une augmentation de l’exposition aux stimuli naturels, qui sont à la fois émotionnellement positifs et faibles en intensité, permet de régénérer notre capacité d’attention. »
Une des limites de cette étude, que les auteurs relèvent, est la difficulté à déterminer si ces effets sont dus à une exposition accrue à la nature, à une exposition réduite à la technologie, ou à d’autres facteurs comme le fait de passer quatre jours immergés dans la nature.
En tous cas, cela rappelle l’habitude qu’avait Albert Einstein, pour réfléchir à un problème, de se promener indéfiniment dans un parc – dans lequel il se perdait régulièrement. Des bornes téléphoniques avaient été installées à différents endroits du parc pour qu’on vienne le chercher...

Bruno Hourst

Références
Creativity in the Wild : Improving Creative Reasoning through Immersion in Natural Settings