La danse, à tout âge, est bonne pour notre cerveau

Dans de nombreux billets, nous vous avons présenté des études montrant tous les bienfaits que l’on peut attendre de la musique. Et dans d’autres billets, nous vous avons montré tous les bienfaits que l’on peut attendre de l’exercice physique et du mouvement.

Si l’on combine les deux – musique et mouvement –, qu’est-ce que l’on obtient ?

La danse.

La danse est pratiquée depuis toujours, partout dans le monde et dans toutes les sociétés, qu’elles soient primitives ou très développées. La danse peut permettre d’entrer en contact avec le divin (comme les danseuses sacrées en Inde, les chamans indiens ou le roi David dansant devant l’Arche d’Alliance), ou bien elle peut être un art ou un divertissement.

Pour les petits enfants, danser librement est aussi naturel que respirer. Observez-les quand ils ne sont pas devant un écran pour les tenir sages, et vous verrez de futurs danseurs et des danseuses étoiles prenant un immense plaisir à l’exploration du corps, de l’énergie et de l’espace.

Et la danse n’est pas réservée qu’aux filles : regardez des vidéos de Michaël Jackson, un danseur exceptionnel (quelle que soit sa vie privée), qu’il tourne sur lui-même (spinning) ou qu’il danse en groupe, et qui est même capable de danser (presque) sur la lune avec sa moonwalk.

Les chercheurs s’intéressent depuis quelques temps à la danse. Leurs résultats sont particulièrement intéressants, bien loin de la morale négative de la fable « La cigale et la fourmi » de La Fontaine, qui dénigre la danse (… Et bien ! Dansez maintenant !), comme elle dénigre également le chant. En fait, c’est la cigale qui a raison : il faut chanter – et danser !

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Lucy Vincent est neurobiologiste, auteur de livres consacrés à la plasticité du cerveau, mieux connue en France comme communicatrice que pour son parcours scientifique.

Il y a quelques années, elle s’est mise à la danse, pour évacuer le stress et mieux se détendre. « Dès que j’ai commencé, j’ai vu des effets assez importants sur le corps, mais aussi sur le cerveau ». Elle nota « une amélioration de l’estime de soi, de la confiance, de l’humeur en général de façon très marquée. »

Curieuse, elle s’est tournée vers la littérature scientifique pour comprendre de quelle manière la danse influait sur notre cerveau, notre corps, nos émotions et nos capacités cognitives. Et elle en a fait un livre, Faites danser votre cerveau !

Elle y tire un constat intéressant, que nous vous avons abordé dans un autre billet : mieux vaut un exercice physique modéré et régulier que des efforts physiques excessifs ; et qu’il est intéressant que l’exercice physique intègre des mouvements complexes nécessitant une coordination fine. La danse est un parfait exemple de mouvements complexes nécessitant une coordination fine.

Au niveau du cerveau, c’est le cervelet qui est particulièrement mis en œuvre. Il joue un rôle important non seulement dans la coordination des mouvements, mais il a également des répercussions sur les systèmes de régulation des émotions et sur les réseaux cognitifs. C’est en particulier ce qu’a montré le neurologiste américain Jeremy Schmahmann, du Massachusetts General Hospital à Boston (États-Unis).

Plus généralement, Lucy Vincent explique que de nombreux chercheurs ont montré que tout ce qui est intellectuel passe en premier lieu par une exploration du monde et de soi-même par le biais des systèmes sensoriels. On est obligé de bouger, de toutes les façons possibles, pour développer son cerveau. Autrement dit, bouger son corps rend plus intelligent. Cherchez l’erreur, avec un système éducatif dont le principe de base est d’entasser des élèves dans des salles de classe où bouger est considéré comme inacceptable, et ce dès les petites classes.

Lucy Vincent : « Plusieurs expériences ont été faites dans des écoles, où on apprenait aux enfants le déplacement des atomes par exemple, ou des planètes, en les faisant utiliser le mouvement. Même si on fait un mouvement très abstrait pour représenter une chose, un concept, on se souvient beaucoup mieux des éléments appris si on les a appris en bougeant. »

Cette remarque de Lucy Vincent me rappelle un congrès en Grande-Bretagne, il y a une vingtaine d’année, congrès autour de l’approche pédagogique que j’appelle le mieux-apprendre. J’y ai assisté à une présentation de deux formateurs anglais, qui avaient entièrement reformaté une formation à la conduite d’une centrale nucléaire – excusez du peu – en utilisant les outils du mieux-apprendre. En guise de démonstration, ils avaient mis en scène, avec les participants, les notions de neutrons lents (participants avançant lentement), de neutrons rapides (participants avançant rapidement) et de l’action des barres de graphite (des manches à balais) pour accélérer ou ralentir les neutrons. Vingt ans après, je m’en souviens comme si c’était hier.

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On pourrait faire remarquer que d’autres activités, comme les arts martiaux, doivent avoir les mêmes conséquences positives que la danse, du fait de leurs mouvements complexes exigeant une coordination fine. C’est vrai. Mais la musique rajoute une dimension qui est, en elle-même, immense et qui a une puissante action.

La danse a d’autres bienfaits, qui ont été relevés par différentes études : la danse favorise la socialisation, le dialogue, la gestion des émotions, le développement de l’empathie, la confiance en soi. Nous y reviendrons dans d’autres billets.

Bruno Hourst

Ressources

Faites danser votre cerveau

Dancing and the Brain

Why Is Dancing So Good for Your Brain?

 

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