Le souhait naturel chez un parent est de vouloir que son enfant soit heureux, et qu’il ait plus tard une vie d’adulte aussi heureuse que possible. Des chercheurs se sont intéressés sur les facteurs familiaux qui donnent à l’enfant de meilleures chances d’avoir une vie d’adulte raisonnablement heureuse.

Une première étude anglaise, publiée dans le Journal of Positive Psychology, a suivi 5 362 personnes depuis leur naissance en 1946. Plus de soixante ans plus tard, 2 000 d’entre eux ont répondu à une série d’enquêtes de suivi, dont une sur le contrôle exercé par leurs parents lorsqu’ils étaient enfant.
Résultats : les enfants des parents qui exprimaient de la chaleur et de l’affection envers eux et qui ne les sur-contrôlaient pas ont grandi plus heureux. La Dr Mai Stafford, l’une des auteurs de l’étude, explique : « Nous avons constaté que les personnes dont les parents montraient de la chaleur et de la sensibilité avaient ensuite une plus grande satisfaction dans leur vie et un meilleur bien-être mental, jusqu’à un âge avancé. »

En revanche, les adultes sur-contrôlés par leurs parents dans leur enfance montrent toute leur vie un mal-être mental. Un sur-contrôle de l’enfant par les parents, c’est l’empêcher de prendre ses propres décisions, de faire en sorte qu’il reste dépendant, de s’immiscer dans sa vie privée, de ne pas lui permettre d’avoir ses propres opinions.
L’effet négatif du contrôle excessif des parents était encore ressenti par les personnes de 60 ans et plus ! Les chercheurs ont fait une analogie entre l’effet dévastateur de ce type de comportement parental et la perte d’un être cher.

L’autre facteur problématique relevé par l’étude – le manque de chaleur et d’affection parentale – rend difficile le lien entre les parents et l’enfant. Par contre, lorsque cette base émotionnelle forte existe, elle rend les enfants plus confiants pour découvrir le monde et voler progressivement de leurs propres ailes.

Les auteurs de l’étude concluent : « Ces résultats indiquent qu’un environnement affectueux qui encourage l’enfant et qui lui permet d’avoir une autonomie appropriée peut favoriser une bonne santé mentale et psychologique jusqu’à plus de 70 ans. Nos résultats renforcent l’idée selon laquelle les fondements d’un bien-être toute la vie commencent au cours des premières années, ou même avant. »

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Une autre étude portant sur des familles, publiée par l’Institute for Social and Economic Research, apporte des éléments complémentaires intéressants sur les facteurs familiaux qui peuvent avoir sur l’enfant des répercussions positives tout au long de sa vie.
Il s’agit de la plus grande enquête au monde auprès de familles, en en suivant plus de 40 000 sur plusieurs années. Les résultats suivants sont basés sur un échantillon de plus de 10 000 hommes, femmes et enfants. Il s’agissait de comprendre les influences complexes de différents facteurs familiaux sur le bonheur d’un enfant.

Première constatation : les enfants grandissent plus heureux quand leur mère est heureuse dans sa relation avec son conjoint. Au total, 73% des enfants et adolescents dont les mères étaient « parfaitement heureuses » dans leur relation se disaient « complètement satisfaits » de leur situation familiale.

D’autres facteurs sont relevés par l’étude : éviter les disputes récurrentes entre les parents, et partager au moins trois repas du soir ensemble par semaine. Se disputer plus d’une fois par semaine entre conjoints a été relié à un bien-être plus faible chez les enfants.

La Dr Maria Iacovou, auteur de l’étude, a constaté : « Ces résultats confirment que les relations familiales et le bonheur des parents sont la clé du bonheur des jeunes. Contrairement à l’idée répandue selon laquelle les enfants ne veulent que passer du temps à jouer aux jeux vidéo ou à regarder la télévision, nous avons constaté qu’ils étaient très heureux lorsqu’ils interagissaient avec leurs parents ou avec leurs frères et sœurs. »

Ces résultats renforcent l’idée de développer de vastes programmes d’éducation à la parentalité, même dès le lycée, permettant de toucher toutes les couches de la population et tous les niveaux sociaux.

Bruno Hourst

Références
Parent–child relationships and offspring’s positive mental wellbeing from adolescence to early older age
Happier People Are Raised By Parents Who Do These Two Things
Happier People Raised By Parents Who Do These 3 Things

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