Apprendre à jongler conduit à des changements dans la matière blanche du cerveau, a montré une étude de l’Université d’Oxford.
La matière blanche est constituée des faisceaux de longues fibres nerveuses qui conduisent les signaux électriques entre les cellules nerveuses et relient les différentes parties du cerveau, tandis que la matière grise est constituée des neurones. Des changements dans la matière grise ont été montrés lorsque l’on vit de nouvelles expériences ou de nouveaux apprentissages,. Mais les améliorations de la substance blanche n’avaient pas été démontrées auparavant.
Les chercheurs ont cherché à voir si des changements dans la substance blanche du cerveau pouvaient être observés chez des adultes en bonne santé en apprenant une nouvelle tâche ou une nouvelle compétence.

Un groupe de jeunes adultes en bonne santé, dont aucun ne pouvait jongler, a été divisé en deux groupes de 24 personnes chacun. L’un des groupes a reçu des séances d’entraînement hebdomadaires en jonglerie pendant six semaines et devaient pratiquer 30 minutes chaque jour. Les deux groupes ont été scannés par un IRM avant et après la période de six semaines.

Jan Scholz, l’un des participants à l’étude, a déclaré : “Nous avons mis au défi la moitié des volontaires d’apprendre à faire quelque chose de complètement nouveau. Après six semaines d’entraînement au jonglage, nous avons constaté des changements dans la matière blanche de ce groupe par rapport à ceux qui n’avaient reçu aucune formation”.

A la fin de la formation au jonglage, il y avait de grandes différences de niveaux dans la capacité à jongler des participants à l’étude. Tous pouvaient jongler avec trois balles, mais certains pouvaient jongler avec cinq balles et effectuer d’autres tours. Mais tous ont montré des changements dans la matière blanche, suggérant que cela était dû au temps passé à s’entraîner et à pratiquer plutôt qu’au niveau de compétence atteint.

Le Dr Johansen-Berg commente les résultats : “Cela ne signifie pas que tout le monde devrait se mettre à jongler pour améliorer son cerveau. Nous avons choisi le jonglage uniquement comme une nouvelle compétence complexe à apprendre.”
D’autres études ont montré que des activités fortement spatiales, comme la danse ou la lutte, avait des résultats similaires. Une étude, par exemple, a montré que les lutteurs, mais pas les coureurs, montraient une meilleure performance en visualisation mentale après une période d’entraînement de 10 mois.

Le même effet a été observé chez les enfants qui apprennent à danser. Des chercheurs ont donné à un groupe d’élèves de deuxième année une formation en danse créative de cinq semaines, tandis qu’un autre groupe a suivi des cours d’éducation physique habituels. Les enfants qui avaient suivi les cours de danse créative ont montré une amélioration marquée dans leurs compétences en visualisation mentale, en comparaison avec le groupe témoin.

Ces études suggèrent deux choses importantes :
• L’apprentissage d’une tâche complexe et nouvelle est plus important que le fait d’y exceller. Cela devrait nous pousser, toute notre vie, à nous lancer dans l’apprentissage de tâches complètement nouvelles.
• L’apprentissage de compétences spatiales, comme la jonglerie ou la danse, peuvent développer des compétences mentales. C’est peut-être pour ça, en dehors du plaisir ou du divertissement, que les humains jonglent et dansent depuis des milliers d’années...

Bruno Hourst

Références
Juggling Enhances Connections In The Brain
Learning to juggle grows brain networks for good

Source
The Mental Benefits of “Useless” Skills Like Juggling